Vers une esthétique de la marginalité

Mon travail s'articule autour des équilibres vivants, ce qui disparaît et ce qui reste, la tension laissée par l'absence.

En écho aux peintures de Vanités, des œuvres telles que celles présentées dans l'installation Bio interrogent le sens de la vie et la définition du temps à l'orée du troisième millénaire. Cependant l'homme n'y occupe plus la place centrale, c'est plutôt la nature qui est au milieu. C'est pourquoi je préfère parler de Natures vives quand le paysage réunionnais est mis en scène, qu'il s'agisse du jardin (Les instantanés du temps qui passe), des routes (Les Marrons), des chemins (Les Belles Abandonnées), de la ville (Flagrants délits d'urbanisme), des sépultures (Roméo et Juliette).

Les Histoires stériles, dans leur gaine chirurgicale qui rappelle ma formation initiale, se rapportent, elles, à l'environnement de mon enfance, ces cimetières militaires qui jalonnent les plages du débarquement. Car la guerre se prétend une voie de résolution des grands déséquilibres, laissant derrière elle des champs de ruines sur lesquels de nouveaux systèmes vont prendre place. C'est en hommage aux victimes de nos histoires que j'ai installé mes Têtes de Turcs à Deauville en 2006.

Bio : vue d'ensemble (Sépulcre, Caen, 2000)

Bio

Têtes de Turcs (25 sculptures terre, plumes et bois ; Parc des Enclos, Deauville, 2006)

T_tes_de_Turcs