Les formes organiques de mes céramiques s'installent dans le paysage aquatique (le lagon, le lavoir, la rivière pour les rakus) ou parfois dans les jardins (au Conservatoire botanique, à l'Amok, au milieu de mes chouchous), voire, pour les Eteignoirs, dans la forêt décapitée par la tempête.

Il me fallait un retour à l'abstraction, à l'indicible, à l'intime. En finir avec ces représentations envahissantes du corps externe, plonger en ses intérieurs. Ainsi la parole silencieuse est oreille et bouche, écoute et murmure, membrane et muqueuse, morceau de soi.

Nées de la terre, structurées autour d'empreintes végétales qui en dessinent les colonnes vertébrales, ces pièces constituent une collection de fossiles, structures organiques au revêtement minéral, reliefs d'êtres disparus. En prolongement de mes abysses, organes ou végétaux, inflorescences et champignons, pour miroirs de nos divagations : j'aimerais qu'elles puissent raconter une histoire différente à chacun d'entre nous.

Présentées dans des bocaux, entre aquarium et reliquaire, elles mettent là encore en question l'équilibre qu'il soit physique (leur position dans le fluide, l'évolution de la couleur du liquide) ou métaphorique (en organismes conservés au sein d'un cabinet de curiosités).

Bocal (Artothèque, St-Denis, 2006)

Bocal_fleur